miércoles, 12 de enero de 2011

Génération Y : ses atouts pour affronter la crise

Par Emmanuel Vaillant

Ils sont moins riches mais plus diplômés que leurs aînés, moins indépendants mais plus autonomes, moins collectifs mais plus interconnectés, moins engagés mais plus en quête de sens... Portrait de cette génération qui arrive aujourd'hui sur le marché de l'emploi.

Difficultés d'insertion, stages à rallonge, précarisation accrue, salaires au rabais, peur du déclassement social... N'en jetez plus ! Les jeunes qui arrivent aujourd'hui sur le marché de l'emploi sont en première ligne des bouleversements économiques et sociaux. Le constat est connu. Cependant, si le contexte est particulièrement difficile, cette fameuse "génération Y", qui a vu le jour entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1990, a aussi bien des atouts à faire valoir. Décryptage.

Diplômée et expérimentée

La massification de l'enseignement supérieur est passée par là। Jamais une génération n'a été aussi diplômée et expérimentée que celle qui arrive aujourd'hui aux portes des entreprises. Et contre l'avis des "déclinologues" de l'école, le diplôme reste la meilleure arme anti-chômage. "Même si tous les diplômes ne mettent pas à l'abri des difficultés que rencontrent les jeunes sur le marché de l'emploi, ils apportent un avantage relatif de plus en plus important", souligne le sociologue Olivier Galland. "Dans le contexte actuel de précarisation, l'avantage d'être formé s'est plutôt accru au fil du temps", rappelle à son tour Eric Maurin, auteur de la Peur du déclassement (1). De plus, si cette "généra-tion stagiaire" peut légitimement s'estimer précarisée, jamais ses CV n'ont été aussi fournis. "Les jeunes diplômés ont une connaissance de l'entreprise inégalée par les générations précédentes", constate Jean-Marc Le Gall, consultant en stratégies sociales.

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Adepte du collaboratif

Car dans leurs amitiés comme dans leurs activités extrascolaires, grâce à l'ordinateur comme au téléphone portable, par la musique comme par les vêtements, les jeunes de la génération Y disposent de modes de communication et de signes identitaires forts qui leur permettent de se construire un style et une vie qui dépendent de moins en moins des adultes। Internet n'y est pas pour rien.

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Elevés au numérique, à l'aise dans le multitâches, les "digitale natives" remettent en cause les hiérarchies établies। "Les jeunes ont moins tendance que leurs aînés à considérer la hiérarchie comme l'alpha et l'oméga des rapports humains, estime Julien Pouget, consultant en ressources humaines et animateur du blog lagenerationy .com. Ils pensent, travaillent et interagissent sur un mode plus collaboratif, sur une approche horizontale des rapports sociaux."

Moins enchantée mais plus réaliste

Génération zapping, génération désabusée. Ces étiquettes ne datent pas d'hier. Elles s'appuient sur une autre tendance bien connue : les jeunes se méfient des institutions et désertent les partis politiques, préfèrent les coordinations, les mouvements éphémères, ciblés sur des actions concrètes. Des types d'engagement qui peuvent faire sourire... Mais c'est oublier que les jeunes "Y" s'inscrivent dans un nouveau rapport au travail, une envie pour nombre d'entre eux de concilier emploi et réalisation de soi.

"Les enquêtes européennes montrent que les jeunes Français ont un rapport au travail plus particulièrement affectif, qu'ils sont soucieux de s'investir dans un métier et d'y trouver du sens", observe Cécile Van de Velde। Quitte à travailler, autant s'y épanouir... Rien de révolutionnaire sans doute. Juste un désir raisonné de trouver sa place dans la société, de réussir sa vie sur tous les registres, personnels et professionnels. Une génération moins enchantée et plus réaliste, voilà peut-être ce qui trouble les parents qui, eux, ont du mal à vieillir et voudraient garder leurs rêves d'enfants.

http://www.lexpress.fr/education/generation-y-ses-atouts-pour-affronter-la-crise_855579.html

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